La puissance de la compassion

La compassion est particulièrement enseignée dans le christianisme. Certains ne la comprennent pas, trouvant ridicule la parole de Jésus qui dit « si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends lui aussi l’autre« . Pourtant, aujourd’hui, de grands auteurs en développement personnel, répandent cette même idée.

Pour ne citer que Lise Bourbeau  : « je sais maintenant que, plus on accuse (soi ou les autres) et plus la même expérience se répète. L’accusation ne sert qu’à rendre l’humain malheureux. Tandis que lorsque nous regardons avec compassion la partie de l’humain qui souffre, les événements, les situations et les personnes commencent à se transformer« .

A travers la compassion et le pardon, c’est l’amour qui passe. Et l’amour seul guérit. Lorsque l’on se sent agressé ou blessé, lorsqu’on se met en position de défense ou d’agression pour se protéger, on ne fait que donner de la force à la blessure. Lorsque, au contraire, on parvient à reconnaître la souffrance en l’autre et à faire preuve de compassion, on ouvre la voie de la guérison, pour soi ou les autres.

Cette notion est aussi affirmée dans le Bouddhisme, la compassion y étant exprimée sous la forme de Chènrezi.

Chènrezi est la divinité au corps blanc dotée de quatre – parfois deux ou mille –  bras, pour laquelle les Tibétains nourrissent une dévotion particulière.

chenrezi

Chènrezi représente le mode d’être de l’esprit qui est, selon le bouddhisme, « l’union de la vacuité et de la compassion« . L’amour et la compassion seraient des caractéristiques de l’esprit humain.

Ainsi, si la compassion est une caractéristique de l’esprit humain, qu’est ce qui nous empêche d’en faire preuve?  On ne peut en effet pas dire que l’humanité dans son ensemble respire la compassion et l’amour…

Le bouddhisme expose en effet un dysfonctionnement. L’humain saisit de manière illusoire un « moi » sur lequel se greffe l’attachement et parallèlement, conçoit un autre, un alter, support de l’aversion….C’est cette dualité, cette séparation fictive créée par notre esprit, qui empêche l’expression libre et spontanée de l’amour et de la compassion. Ainsi, au lieu de souhaiter le bonheur de tous les êtres, nous souhaitons notre propre bonheur. Au lieu d’aspirer à la disparition de toutes les souffrances, nous aspirons à la disparition de nos propres souffrances. Au lieu de nous réjouir du bonheur des autres, nous nous réjouissons de notre propre bonheur. Au lieu de poser un regard égal sur tous, nous entrons dans le jeu des préférences et de la partialité….

 

On en revient donc à ce que j’évoquais dans mon article précédent sur le sentiment de solitude Le sentiment de solitude et à ce qui est exprimé par quasiment toutes les spiritualités : la séparation est une illusion, nous sommes tous liés, nous sommes Un. Et c’est lorsque nous pouvons enfin le sentir que nous pouvons recevoir et transmettre l’amour sans résistance et par la même, trouver cette paix tant recherchée….

 

(source: Bokar Rimpoché « Chènrézi Clefs pour la méditation des divinités »)

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