L’Etat protecteur, la fonction publique à la rescousse des fragiles

J’ai été bien occupée ces deux dernières années : j’ai passé un concours de la fonction publique et l’ai réussi, ce qui a complètement changé ma vie.

Finie la peur du lendemain, finie la jungle de la recherche d’emploi, l’angoisse qui découle du fait que notre survie est directement liée à la qualité de notre insertion professionnelle ! Depuis que je suis rentrée dans la fonction publique, j’ai acquis une véritable sérénité.

Sérénité liée au fait que le concours en question correspond globalement à mes études et que j’y trouve l’intérêt tant humain qu’intellectuel. Bref, je me sens bien dans ma branche.

Evidemment, ce n’est pas non plus la panacée, il ne faut pas se mentir : mes capacités dépassent de loin les compétences attendues de moi au travail. J’aurais pu aller plus loin et faire un métier qui soit peut-être plus valorisant, mais je n’étais pas en mesure, psychologiquement, d’aller plus loin. Et pour l’instant, ça me va très bien.

Je suis certaine que la majeure partie de mes angoisses a disparu grâce à la sécurité qu’offre un emploi dans la fonction publique.

Imaginez : un salaire fixe, la certitude que quoiqu’il se passe dans sa vie professionnelle ou personnelle, le fonctionnaire bénéficie d’un statut suffisamment protecteur pour trouver un moyen de surmonter les épreuves.

Imaginons en effet que vous soyez mal au travail : pression, collègues ingérables, ou ennui tout simplement ?

Pas besoin de démissionner! Mutations, détachements, mise en disponibilité, concours en interne: il existe tout un arsenal de possibilités qui permettent au fonctionnaire de trouver une issue à son mal-être professionnel.

Le privé ne laisse pas vraiment d’autre choix que la démission ou, dans le meilleur des cas, la rupture conventionnelle, avec toutes les conséquences à la clef : enfer administratif pour toucher ses droits, attente et retards de Pôle Emploi, actualisations mensuelles, envois de CV et autres lettres de motivations, angoisses nocturnes et peur du lendemain etc….

Merci bien, j’ai donné et je m’estime « sortie d’affaire ».

Avis à tous les jaloux :

Honnêtement, quand je vois mes amis cravacher comme des dingues toute la semaine pour des entreprises privées et ruiner leur vie perso pour quelques sous en plus, je n’envie rien mais vraiment rien, au secteur privé !

Le secteur public a ses défauts et ne correspond certainement pas à tout le monde (beaucoup préfèrent de loin la pression du privé à ce qu’ils peuvent percevoir de lenteur voir de sclérose au sein la fonction publique). Mais pour moi, cela ne m’aura fait que du bien :

  • valorisation de mon parcours et de mes compétences
  • sentiment de sécurité matérielle
  • et partant, tremplin pour avancer.

L’Etat joue bien là son rôle de protecteur. Sans doute que si j’avais eu un parcours, une histoire, une vie qui ressemble à un peu moins à un gruyère, qui soit plus sécurisante, j’aurais pu aller au bout de moi-même sans passer par ce statut protecteur de « fonctionnaire ».

Je me souviens trop bien combien je souffrais lorsque, vivant dans des chambres de bonnes parisiennes (de 7 à 9m2, l’une emplie de cafards, l’autre de moisissures) et cravachant sur mes cours de droit, j’étais en proie à des angoisses infernales, qui me tordaient le ventre et m’obligeaient à rester allonger des heures: que m’arriverait il si j’échouais mes études? Si je ne trouvais jamais un travail dans lequel je me sente suffisamment bien pour tenir une quarantaine d’années et subvenir à mes besoins, voir à ceux de mes futurs enfants ?

J’avais parfois 5 euros pour manger dans la semaine, j’avais 20 ans mais évidemment je ne sortais jamais avec « amis ». Ma vie se résumait à sortir de ma « cage » pour aller en amphithéâtre, puis rentrer chez moi, m’acheter des pâtes et rentrer pour réviser.

« Les autres », les étudiants semblaient tous plus insouciants. J’enviais leur situation : ils devaient avoir une famille pour les réconforter, une chambre douillette, ils n’avaient qu’à étudier. Ils bénéficiaient d’un soutien moral suffisamment présent pour avancer.

Peut être me fourvoyais-je? Personne n’a de vie rêvée et je me faisais du mal en imaginant que les autres étaient mieux lotis que moi.

Néanmoins, les angoisses matérielles, l’insécurité me paralysaient.

Et je suis aujourd’hui extraordinairement reconnaissante de pouvoir travailler pour l’Etat qui en retour m’offre un statut plus protecteur que ce que je n’ai jamais eu.

Peut être que le fonctionnariat est taillé pour les fragilisés mais après tout, tant mieux : il a le mérite d’en sauver plus d’un.

 

 

 

 

Un commentaire

  1. si tu es fonctionnaire tu vas devoir apprendre rapidement à faire la lèche de tes supérieurs.
    comme les fonctionnaires sont difficilement virables, le harcèlement moral est très répandu. Faut fermer ta gueule et dire toujours oui à tout avec un grand sourire.
    tu vas voir qu’être fonctionnaire ce n’est pas ce qu’il y a de mieux non plus. Sauf si tu es chef catégorie A+, là c’est toi qui va harceler les autres.
    bonne chance dans ton merveilleux univers 🙂

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