Comprendre ses peurs, aimer ses défauts!

Pendant longtemps, j’ai vécu l’expérience de « la peur » : peur des autres, peur de vivre, peur de ne pas être reconnue et aimée.

Avec le recul, je comprends que la peur qui m’a accompagnée toutes ces années avait pour origine le contexte très particulier de mon environnement familial.

Or, la peur et les mécanismes qui l’accompagnent sont au coeur d’un système qui peut être vicieux.

L’enfant que j’étais a sans aucun doute ressenti la peur voir la terreur. Or, n’ayant pas trouvé à l’extérieur d’outil pour gérer ces émotions intenses, l’enfant s’est créé son propre mécanisme de défense. Il s’agissait en l’occurrence d’un comportement de repli, de silence. Limiter les interactions avec autrui (connu comme dangereux), se replier dans un monde personnel où le calme redevenait accessible. Telle a été ma stratégie de survie.

Or, des dissonances sont peu à peu apparues : si les adultes de la famille étaient en effet vécus comme dangereux, ma stratégie de repli devenait néfaste à l’école, lieu de socialisation puis plus tard dans ma vie de jeune fille et de femme. Mon mécanisme à l’origine protecteur était devenu un frein pour faire de nouvelles expériences potentiellement positives me permettant ainsi de changer de « disque » mental….

Avec le temps on oublie…. J’ai fini par oublier pourquoi le repli m’avait été nécessaire. A l’aube de l’adolescence, je n’avais plus comme outil de compréhension que les éléments suivants :

  • je n’aime pas être en groupe, je préfère être seule, je semble avoir une certaine « phobie sociale »
  • je ne sais pas pourquoi je suis comme ça
  • je n’ai pas confiance en moi

C’est ainsi que j’ai fini par croire que le manque de confiance en moi était à l’origine de mes comportements d’évitement ! Alors même que le manque de confiance en moi était devenu une conséquence de ce comportement d’évitement ! Une complète inversion des causes et des effets du mécanisme ! 

Dans cet extrait écrit il y a cinq ans, je décris mon expérience du repli :

« Moins je rencontre l’Autre, plus j’en ai peur.

Sculpture représentant le repli sur soi (I.VIGO)

La Peur à laquelle j’essaie tant d’échapper depuis toujours hante et règne sur ma vie.   C’est en fonction d’Elle que je préfère refuser systématiquement les invitations, en fonction d’elle que j’imagine que pour être acceptée je me dois d’être parfaite, en fonction d’elle que j’abandonne des projets qui me tiennent à coeur, en fonction d’elle que j’ai choisi à maintes reprises la « non-vie« .

Une partie de moi, celle qui est en petits morceaux faute d’avoir pu construire une identité, un « Je » qui est et qui s’affirme, est  persuadée qu’elle ne peut rien faire de mieux que de s’enfermer seule confinée à la maison pendant plusieurs jours, avec pour seule compagnie la nourriture, comme le décrit si bien Solal dans Belle du Seigneur. Je tombe alors immanquablement dans une hyperphagie qui ne fait qu’accroitre mon mal-être et vient même ainsi justifier ma solitude : ne valant rien, je ne mérite pas d’être aimée, il est donc normal que je sois seule…. 

Au final, cela me coûte (outre des dégâts physiques et psychologiques) des occasions manquées, des rencontres avortées, des joies gâchées, des déceptions, et toujours, toujours: du désespoir. Car tôt ou tard, je ne peux échapper au retour à la réalité: ma solitude me fait alors souffrir, mon comportement me désespère et j’en viens à souhaiter mourir pour que l’Enfer cesse. C’est un labyrinthe dont je suis prisonnière et dont je ne trouve pas la sortie….. 

Comprendre l’origine de sa peur ne suffit pas à sortir de ses schémas. Je crois beaucoup au pouvoir de guérison de l’amour. Etre bien entouré(e), être véritablement aimé(e), aimer, s’aimer d’un amour sincère sont des expériences fortes qui peuvent nous aider à transcender bien des traumatismes.

Ainsi il faut avoir un peu de compassion envers soi même : il arrive que nous ayons des comportements que l’on ne comprend pas, qui nous gênent et dont on ne peut se débarrasser en un claquement de doigts. On s’en veut alors, on se juge. On se lynche parfois.

Mais n’oubliez pas qu’ils viennent répondre positivement à un besoin profond et tant que vous n’aurez pas comblé ce besoin autrement, ces comportements aux conséquences par ailleurs négatives continueront ! 

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